Comment structurer une reprise de commerce en Italie en tant qu’investisseur étranger : fiscalité, parts sociales et fonds de commerce
Pour un investisseur étranger qui souhaite reprendre un commerce en Italie, le choix principal porte sur deux formes juridiques : reprendre le fonds de commerce (asset deal), qui permet d’acheter uniquement l’activité, ou reprendre les parts sociales de la société existante (share deal), ce qui implique d’assumer aussi son historique, ses contrats et ses passifs. Le bon choix dépend des licences, de la fiscalité et du niveau de risque associé à l’entreprise.
Quelles sont les deux formes de reprise possibles en Italie ?
Reprise du fonds de commerce (asset deal) : acheter l’activité sans reprendre la société
En Italie, cette option permet d’acquérir l’unité opérationnelle et l’ensemble de ses actifs tangibles et intangibles—bail commercial, clientèle, nom commercial, licences—tout en excluant les dettes et passifs de la société porteuse. Le transfert nécessite une due diligence approfondie sur les contrats, les droits de propriété intellectuelle et les obligations en cours. Cela afin d’éviter les risques fiscaux et contractuels. Cette configuration offre une protection contre les passifs non révélés, mais elle exige une coordination soignée des actes notariés, des formalités cadastrales et des enregistrements auprès des organismes compétents. En pratique, l’acheteur bénéficie d’une meilleure traçabilité des actifs et d’une certaine flexibilité dans la négociation des conditions, tout en restant exposé à la continuité du bail et aux licences essentielles pour l’exploitation.
Reprise des parts sociales (share deal) : acheter la société et tout son historique

La reprise des parts sociales (share deal) consiste à acquérir la société elle-même et l’intégralité de son histoire juridique. Ce mode implique l’acquisition des titres et des droits sociaux, donc la transmission de la société porteuse. Ceci avec transfert des actifs et passifs, de la clientèle, des contrats et des licences, mais aussi des dettes éventuelles et des engagements fiscaux antérieurs. Cette configuration permet une imposition des plus-values plus homogène et une continuité juridique plus directe, notamment pour les licences opératoires. Toutefois, elle exige une due diligence exhaustive sur les statuts, le capital social, les accords entre actionnaires et les garanties éventuelles afin d’éviter les surprises post-achat. En pratique, le repreneur bénéficie d’un cadre opérationnel plus fluide pour les relations avec les partenaires et les fournisseurs. Cela tout en s’exposant davantage aux risques d’actifs cachés et aux obligations contractuelles anciennes.
Quels critères pour choisir entre les deux options ?
Le choix dépend principalement de l’appétence au risque et des objectifs opérationnels. Pour limiter l’exposition aux passifs et obtenir une continuité juridique immédiate, l’asset deal peut être privilégié, mais il nécessite une due diligence ciblée sur chaque actif et contrat. Pour une transmission plus simple en termes de structure et de continuité des relations (contrats, licences, personnel), le share deal peut être préféré. Ceci au prix d’un examen approfondi des passifs et des obligations fiscales et statutaires. D’autres critères clés incluent le coût et la complexité de la transaction, le calendrier et les formalités (notamment en matière de transferts de licences et de baux), la souhaitée confidentialité, les implications fiscales et les garanties offertes par les actionnaires ou les vendeurs, ainsi que le niveau de risque d’actifs cachés et de passifs non révélés.
Quels impacts fiscaux pour un investisseur étranger ?
Fiscalité d’un fonds de commerce (droits, TVA, amortissements)
En Italie, l’achat d’un fonds de commerce par un investisseur étranger peut déclencher des droits d’enregistrement et, le cas échéant, une TVA calculée sur la valeur du fonds ou sur certaines prestations liées à l’opération. Selon les régimes locaux, des exonérations ou des mécanismes d’auto-liquidation peuvent s’appliquer lorsque tout le fonds est acquis. Les immobilisations (matériel, clientèle, licences, logiciels) peuvent bénéficier d’amortissements fiscaux sur leur durée utile, ce qui réduit le résultat imposable de l’exploitation. Pour les non-résidents, des régimes spécifiques de taxation peuvent s’appliquer sur les revenus générés par l’exploitation. Il peut aussi y avoir des obligations de dépôt et de déclaration, ainsi que des retenues à la source ou des impositions sur les plus-values lors de la cession du fonds. Le calcul exact dépend du cadre italien et des conventions fiscales bilatérales, et peut influencer la rentabilité nette des investissements.
Fiscalité d’un rachat de parts sociales (plus-values, enregistrement, impôts)

En Italie, l’acheteur qui reprend un fond de commerce est soumis à des droits d’enregistrement pour l’opération d’acquisition d’actifs. Cela avec le régime qui s’applique à la cession de fonds de commerce. Les plus-values réalisées lors de la cession des éléments du fond peuvent être imposables, selon le statut de résidence du cessionnaire (résident ou non-résident) et selon le régime fiscal local applicable (valorisation des actifs, impôt sur les plus-values, prélèvements sociaux, etc.). Pour les non-résidents, l’imposition peut inclure une retenue à la source sur les plus-values ou sur les revenus distribués. Elle peut être influencée par les conventions fiscales bilatérales et les règles de rattachement économique des actifs. En outre, des obligations déclaratives et d’éventuelles exonérations ou régimes d’abattement peuvent s’appliquer selon la nature des actifs et la durée de détention.
Prise en compte de la double imposition et de la résidence fiscale du repreneur
Lorsqu’un repreneur est résident d’un pays différent du pays d’origine des revenus, il faut analyser les conventions fiscales bilatérales pour éviter ou réduire la double imposition. Les avantages peuvent inclure des crédits d’impôt, l’exonération partielle ou l’imputation des revenus dans la résidence du repreneur, ou des règles spécifiques de répartition des droits d’imposition entre État résident et État source. Il convient aussi d’évaluer la résidence fiscale effective du repreneur, les critères de rattachement économique (lieu de gestion, siège social, centre des intérêts vitaux) et les éventuelles règles anti-évitement. Enfin, des obligations déclaratives et des mécanismes de reliefs (crédits, déductions, exonérations) peuvent varier selon les conventions bilatérales et les règles fiscales italiennes.
Que se passe-t-il pour les licences, les salariés et les contrats ?
Licences et autorisations : ce qui se transfère et ce qui ne se transfère pas
Le transfert d’un commerce peut entraîner le transfert des licences et autorisations liées à l’exploitation, mais cela dépend des textes et des autorités compétentes. Certaines licences (par exemple, licences d’exploitation, permis d’enseigne, autorisations sanitaires ou environnementales) peuvent être transférées avec l’accord explicite de l’autorité délivrante et peuvent nécessiter une nouvelle instruction ou une identification du repreneur. D’autres licences ou autorisations restent strictement personnelles ou attachées au lieu ou à l’exploitant (par exemple, licences individuelles, autorisations connexes au titulaire, certains agréments professionnels), et ne peuvent pas être transférées sans réexamen ou renouvellement par le nouveau gestionnaire. Il faut anticiper les délais, les coûts et les conditions de transfert, et prévoir, le cas échéant, des plans de remise en conformité ou de substitution d’autorisation.
Reprise des salariés : obligations, conventions et coûts
Lors d’une reprise, les salariés peuvent être transférés en respectant le cadre du transfert d’entreprise. Cela avec obligation de préserver les contrats de travail, l’ancienneté et les avantages acquis. Le repreneur doit informer et consulter les représentants du personnel et assurer la continuité des obligations salariales et sociales. Des conventions peuvent être envisagées pour clarifier les conditions de maintien des droits (rémunération, congés, avantages collectifs) et pour négocier d’éventuelles modifications futures. Sur le plan des coûts, la reprise implique des charges liées aux salaires et cotisations, éventuelles indemnités liées à la prorogation de certains droits, et les coûts administratifs de transfert (recrutement, intégration, harmonisation des pratiques et des régimes de prévoyance).
Contrats fournisseurs, baux et engagements existants

Les contrats fournisseurs, les baux et les engagements existants peuvent être transférés ou nécessiter une révision selon les clauses et la législation locale. Certains contrats fournisseurs prévoient une cession ou une continuation automatique, tandis que d’autres exigent l’accord du fournisseur ou une renégociation des termes. Pour les baux commerciaux, la reprise par un nouvel exploitant dépend des dispositions du bail et de la loi applicable. Il peut être possible de reprendre le bail ou être obligé de signer un nouveau bail avec indemnités et modification du loyer.
Les engagements existants (garanties, dettes, contrats d’engagement client ou partenariats) peuvent être transférés, mais nécessitent leur révision ou l’accord des contreparties. Des clauses telles que la non-concurrence ou les SLA (Accords de Niveau de Service) peuvent influencer la continuité des services. Il est recommandé d’auditer les contrats, obtenir les consentements nécessaires et préparer un plan de transition pour assurer la continuité opérationnelle et financière. Faites appel à un conseiller juridique pour l’audit préliminaire et les démarches, afin d’éviter les surprises et sécuriser le transfert.
Quels sont les risques spécifiques pour un acheteur étranger ?
Passifs cachés dans les parts sociales : litiges, dettes, fiscalité
Pour un acheteur étranger en Italie, l’évaluation des passifs cachés dans les parts sociales est cruciale: litiges en cours, dettes éventuelles (fournisseurs, rémunérations, charges sociales), risques fiscaux (contrôles, impôts locaux, TVA, redressements potentiels) et questions liées à la conformité comptable et sociétale. Ces éléments peuvent impacter la valeur réelle de l’entreprise et générer des coûts imprévus après la reprise. L’accès limité aux données et la complexité du droit italien peuvent masquer des enjeux significatifs, comme des dettes fiscales antérieures ou des contentieux non révélés lors des premières due diligences.
Pour sécuriser l’opération et préparer des clauses contractuelles robustes, il est indispensable de faire conduire une due diligence approfondie et de recourir à des conseils juridiques spécialisés en droit italien. Ceci afin d’identifier les passifs, d’évaluer leur probabilité et leur montant, et de rédiger les garanties et les mécanismes de répartition des risques dans les contrats de cession.
Non-transférabilité ou irrégularité des licences
Certaines licences essentielles (propriété intellectuelle, licences d’exploitation, autorisations environnementales, licences sectorielles) ne sont pas transférables automatiquement ou peuvent être sujettes à des conditions strictes (consentement du bailleur, autorité compétente, délais de renouvellement, obligations de conformité). Leur irrégularité ou leur extinction en cas de transfert pourraient interrompre l’activité, entraîner des coûts de remise en conformité ou des sanctions. Faites vérifier l’existence, la transférabilité et la régularité de chaque licence, anticiper les risques de non-conformité et négocier les garanties et clauses de rétention ou de remplacement des licences dans l’accord de cession. Un conseiller juridique peut conduire cette vérification et vous accompagner dans l’obtention des autorisations nécessaires et la rédaction des clauses contractuelles adaptées.
Mauvaise compréhension des obligations employeur
En Italie, les obligations liées à l’employeur peuvent être difficiles à cerner pour un acheteur étranger. Cela inclut les contrats de travail, les rémunérations, les contributions sociales, les indemnités de licenciement, le respect des conventions collectives et le reporting ainsi que la protection des données des salariés. Une méconnaissance peut entraîner des coûts imprévus et des risques de non-conformité. Cela peut impacter la continuité opérationnelle et la valorisation de l’entreprise. Il est important de savoir identifier les régimes juridiques et fiscaux applicables, évaluer les obligations envers les salariés et les dettes liées au personnel, et négocier des garanties et mécanismes de transfert dans l’accord de cession. Un avocat spécialisé en Italie peut réaliser cette analyse à votre place et rédiger les clauses contractuelles adaptées pour sécuriser le transfert.
Faut-il restructurer après la reprise ?
Quand créer une holding italienne ou étrangère

Pour structurer une holding, l’objectif est de maîtriser le contrôle, la répartition des risques et la gestion financière post‑acquisition. Cela permet aussi d’optimiser la fiscalité et la transmission du patrimoine. Une holding italienne facilite l’intégration locale, la centralisation des flux (trésorerie, financements, royalties) et la consolidation des participations. Une holding étrangère peut offrir des avantages en fiscalité internationale, en planification successorale ou en structuration multi‑pays. Toutefois, la décision dépend du secteur, du profil de l’entreprise cible, des régimes fiscaux applicables et des obligations de reporting. Une analyse approfondie, menée avec des conseils spécialisés, permet de choisir la forme et le lieu les plus adaptés. Elle aide à organiser les mécanismes de transfert et de gouvernance dans les accords de cession. Votre avocat pourra évaluer les options, concevoir la structure optimale et rédiger les documents juridiques nécessaires aux transactions.
Quand scinder ou réorganiser l’activité après acquisition
La scission ou la réorganisation post-acquisition peut être utile pour:
- Recentrer l’entreprise sur ses activités principales et séparer les actifs non stratégiques.
- Répartir ou limiter les risques (responsabilités, dettes, contrats) entre différentes entités.
- Optimiser la structure fiscale, financière ou opérationnelle et améliorer la gouvernance.
- Faciliter l’intégration si des exigences réglementaires ou antitrust imposent une séparation partielle.
- Préparer des cessions ciblées, des joint-ventures ou des spin-offs.
Cette démarche n’est pas systématique mais dépend du secteur, de la cible et des objectifs à long terme. Une analyse approfondie permet de déterminer si une réorganisation, une scission partielle, ou la création d’entités dédiées est adaptée, et de structurer les mécanismes de transfert, de reporting et de contrôle dans les accords de cession.
Besoin d’aide pour structurer une reprise commerciale en Italie ?
Pour structurer une reprise commerciale en Italie, il est nécessaire d’analyser deux types de deals: asset deal et share deal. Il faut ensuite sécuriser le transfert des licences et des autorisations nécessaires. Il convient d’examiner les passifs et les engagements éventuels. Un choix fiscal devra être effectué vers la solution la plus adaptée: structure locale, localisation des flux, traitement des pertes et crédits d’impôt. Une due diligence ciblée vous permettra d’identifier les enjeux sectoriels et réglementaires italiens. Elle proposera une structuration qui garantira fluidité opérationnelle, conformité et optimisation fiscale.
Depuis plus de 55 ans, De Tullio Law Firm aide les acheteurs internationaux à surmonter les difficultés liées à l’achat d’une maison en Italie. Si vous envisagez de reprendre un commerce en Italie, contactez-nous. Nous vous offrons une consultation juridique experte adaptée à vos besoins. Nous proposons également un appel préliminaire gratuit pour répondre à vos questions et vous présenter la procédure. Cette consultation sans engagement nous permet de vous offrir des conseils personnalisés en fonction de votre situation.
Foire aux questions (FAQ)
Quel est le meilleur choix entre fonds de commerce et parts sociales ?
Le fonds de commerce (asset deal) permet de reprendre les actifs et le bail avec une traçabilité claire, mais peut impliquer des questions de TVA et de passifs. La cession de parts (share deal) peut être plus rapide et limiter les démarches sur les actifs, mais entraîne la reprise des passifs et peut être moins favorable fiscalement ou bancaire.
Les licences se transfèrent-elles automatiquement ?
Non, les licences ne se transfèrent pas automatiquement; il faut généralement obtenir leur transfert ou faire une nouvelle demande auprès des autorités compétentes, selon le secteur et les conditions.
Quels risques pour un étranger en cas de reprise de parts sociales ?
Les principaux risques: vous reprenez les passifs et dettes éventuelles, et pouvez être responsable solidairement même après la cession. Les potentiels obstacles de financing, de conformité et de visas/autorisation d’exercer pour un étranger. Des vérifications préalables (due diligence) et un accompagnement juridique spécifique sont donc essentiels.
Quels coûts fiscaux prévoir ?
Les coûts fiscaux typiques sont les droits d’enregistrement lors de la cession et la TVA sur les prestations liées, l’impôt sur les résultats ou les plus-values, l’impôt sur les plus-values mobilières et la retenue à la source sur les dividendes, plus les frais notariaux locaux.
Peut-on exploiter un commerce repris via une société étrangère ?
Oui, c’est possible sous conditions: il faut respecter les lois du pays d’exploitation et celles de votre pays, et prévoir les implications fiscales (permanent establishment, TVA, IS) ainsi que le transfert de prix.